Retrouvez une liberté de mouvement totale grâce au massage myofascial à Bordeaux Bastide avec la BioTouch Method®
Le système vestibulaire, c’est quoi ?

Ce lien discret entre yoga et BioTouch Method®
Par Javi Molero – BioTouch Method®
« Relâchez-vous. » C’est facile à dire. Mais comment fait-on, concrètement ? On peut être allongé, les yeux fermés, et continuer à tout surveiller. Anticiper le prochain geste. Retenir sa tête. Vouloir accompagner le mouvement avant même qu’il commence. Cette question du contrôle m’intéresse depuis longtemps. Je l’explore dans le toucher, mais aussi à travers ma pratique du yoga. Dans une posture d’équilibre, on rencontre rapidement ses habitudes : vouloir tenir davantage, se raidir, bloquer le souffle, puis chercher une autre manière de s’organiser. C’est là que le système vestibulaire entre dans cette conversation.
L’équilibre se construit à plusieurs
Situé dans l’oreille interne, le système vestibulaire renseigne le cerveau sur les mouvements de la tête et son orientation par rapport à la gravité. Il participe à l’équilibre et à la stabilité du regard. Il travaille avec la vision et la proprioception, cette perception de la position et du mouvement de notre corps. Nos repères viennent donc de plusieurs endroits à la fois. Les yeux regardent, les pieds sentent le sol, les muscles et les articulations transmettent des informations, et l’oreille interne participe à l’orientation.
Ce que le yoga m’a appris
Dans mon article sur la neuroplasticité, j’évoquais ma pratique de Śīrṣāsana, la posture sur la tête. Une expérience personnelle qui nourrit ma réflexion, sans constituer une posture à proposer à chacun. Le yoga m’a surtout donné le goût d’observer : où se place mon attention ? Que devient ma respiration ? À quel moment l’effort utile se transforme-t-il en crispation ? Ces questions accompagnent aujourd’hui mon travail manuel. Elles me rappellent que l’expérience d’un mouvement compte autant que sa forme.
Pourquoi je propose parfois un masque
Le masque permet de réduire les sollicitations visuelles. Pendant un moment, il n’y a plus de geste à regarder, plus de déplacement de mes mains à suivre des yeux. L’attention peut alors se poser autrement : sur le contact, le souffle, le poids du corps. Mais l’expérience ne se limite pas au masque. Les odeurs, les parfums, la musique participent aussi à l’ambiance de la séance. Et dans mon toucher, il y a un rythme : le tempo que je donne à chaque pression, sa progression, sa durée, puis le temps que je laisse avant le geste suivant. C’est une continuité que je construis avec la personne, en m’adaptant à sa respiration et à ses réactions.
Cette expérience peut prendre une qualité presque hypnotique. Les repères habituels s’estompent et, parfois, on cesse de chercher à comprendre la logique de chaque geste. Sans le regard pour suivre ou anticiper, on peut progressivement laisser cette question de côté : « Qu’est-ce qu’il va faire maintenant ? » L’attention se rapproche de ce qui est ressenti, à cet instant. C’est cette forme de lâcher-prise qui m’intéresse : rester présent aux sensations tout en éprouvant moins le besoin de contrôler la suite.
Le masque reste une proposition. Certaines personnes se sentent plus à l’aise les yeux ouverts ; d’autres préfèrent le silence ou une ambiance sans parfum. J’adapte ces éléments pour que chacun puisse trouver ses propres conditions de confort.
Du contrôle à la sensation
Dans mes séances, je cherche à laisser moins de place à l’anticipation et davantage à l’expérience immédiate : sentir un appui, percevoir un déplacement, laisser une expiration se terminer. Lorsque la tête change d’orientation, les informations vestibulaires se joignent à celles du toucher et du mouvement. Cette dimension m’invite à soigner les transitions, leur vitesse et leur amplitude. Le lâcher-prise reste une expérience personnelle. Il ne se commande pas. Mon rôle est d’adapter l’accompagnement pour que la personne puisse explorer ce qui lui convient.
Cinq pratiques yogiques pour explorer ses repères
Je réunis ici cinq pratiques autour du regard, du souffle, de la mobilité et du repos. Elles n’agissent pas toutes sur le système vestibulaire de la même manière et ne constituent pas un traitement des vertiges. Elles offrent différentes façons de porter attention au corps, dans un cadre simple et confortable.
1. Les mouvements des yeux : explorer le regard
Asseyez-vous confortablement, la tête immobile. Placez un doigt devant vous, à une distance agréable, puis déplacez-le lentement vers la droite et vers la gauche en le suivant des yeux. Répétez ensuite un petit déplacement vertical. Deux ou trois passages suffisent, puis regardez librement autour de vous. Évitez de forcer les extrêmes du regard. Cette exploration concerne le mouvement des yeux et l’attention visuelle. À elle seule, elle ne remplace pas un travail de stabilisation du regard associant les yeux et les mouvements de tête.
2. Bhrāmarī : laisser résonner l’expiration
Assis ou soutenu par des coussins, inspirez tranquillement par le nez. À l’expiration, produisez un « mmmm » doux, les lèvres fermées et la mâchoire détendue. Essayez quatre cycles, entrecoupés de respirations naturelles. Gardez le son confortable, sans chercher une vibration puissante ni une expiration très longue. Ici, le bourdonnement offre un point d’attention : vous pouvez sentir le son, suivre le souffle et observer ce qui change dans votre expérience. Il ne s’agit pas d’une activation vestibulaire démontrée.
3. La torsion allongée : découvrir une rotation soutenue
Allongez-vous sur le dos, genoux pliés, pieds au sol. Laissez les genoux partir légèrement vers un côté, avec un coussin dessous si nécessaire. Gardez d’abord la tête au centre. Respirez tranquillement, revenez, puis changez de côté. Deux passages de chaque côté suffisent pour commencer. La tête peut ensuite accompagner légèrement le mouvement si cela reste agréable. Vous explorez ainsi différentes relations entre le regard, le tronc et les appuis, sans chercher une torsion maximale.
4. Une préparation aux inversions : les jambes soutenues
Allongez-vous sur le dos et posez les mollets sur l’assise d’une chaise stable. Gardez le bassin au sol et la nuque confortable. Restez une à deux minutes, puis ramenez les pieds au sol et tournez-vous sur le côté avant de vous relever. Cette position permet d’aborder le repos avec les jambes élevées. Elle ne reproduit pas la sollicitation vestibulaire d’une inversion où la tête change d’orientation par rapport à la gravité. Pour une pratique autonome accessible, je privilégie cette préparation ; les inversions sur la tête ou les épaules demandent un apprentissage adapté.
5. Śavāsana : retrouver l’immobilité
Installez-vous sur le dos, avec un coussin sous les genoux si besoin. Laissez la respiration retrouver son rythme naturel. Pendant quelques minutes, sentez les points de contact avec le sol. Un masque léger peut accompagner ce repos si vous l’appréciez ; vous pouvez aussi garder les yeux ouverts. Śavāsana offre un temps pour observer les sensations après le mouvement. Vous n’avez pas à obtenir un état précis.
Pour toutes ces pratiques, arrêtez si vous ressentez un vertige, une nausée, une douleur ou un trouble visuel. En présence de vertiges connus, demandez un accompagnement adapté avant de commencer. Les inversions nécessitent également des précautions particulières, notamment en cas de glaucome, d’hypertension importante ou de problème cervical.
Une continuité entre le yoga et le soin
Ces pratiques donnent plusieurs portes d’entrée : regarder, bouger, respirer, se poser. C’est cette diversité qui m’intéresse. Chacun peut découvrir où son attention se pose le plus facilement et quelles conditions rendent le mouvement plus confortable. Dans la BioTouch Method®, ma recherche continue autour de cette question : comment accompagner une personne pour qu’elle puisse sentir davantage, avec moins d’effort inutile ? Le yoga nourrit cette recherche. Le toucher lui donne une autre forme.
Si cette manière d’explorer le corps vous parle, je vous invite à découvrir mon approche au cours d’une séance de BioTouch Method®. Nous prendrons le temps de partir de vous, de votre respiration, de vos sensations et de ce dont votre corps a besoin ce jour-là. Une rencontre avec le toucher et le mouvement, pour vous laisser accompagner et retrouver un peu d’espace.

Inspiration du jour
« Sthira sukham āsanam. »
« La posture doit être stable et confortable. »
Patañjali · Yoga Sūtra II.46
