Le vrai problème derrière le stress physique

Par Javi Molero – BioTouch Method®

La majorité du temps, quand je pose cette question à mes clients « Dis-moi, en ce moment… quelle partie de ton corps te fait mal ? », c’est là que tout commence. Et très souvent, je me vois en eux. Ce qui me frappe, c’est que malgré la douleur, ils continuent à pratiquer intensément.


Je me revois 15 ans en arrière. Toujours à vouloir me dépasser. Toujours plus. Toujours mieux. Je ne me rendais pas compte. Je fonçais jusqu’à l’épuisement. Je me disais : si ça fait mal, c’est que j’ai bien travaillé. Alors j’en rajoutais encore. 10 kilomètres de plus.


Je garde cette image très claire : moi en train de courir, sans rythme, sans harmonie. Comme un corps qui avance encore… mais déjà vidé. Un mort vivant porté par les endorphines.


La musique dans les oreilles pour oublier. Mon tendon d’Achille qui pulsait. Mon genou en feu. Mes pieds détruits par les ampoules que je mettais sur le dos de mes nouvelles chaussures. Et dans ma tête : « Avec cette sortie, je vais atteindre 68 kg. Peut-être que ce petit ventre va enfin disparaître. »


Puis mon esprit repartait ailleurs. Mon travail. Le stress. Je courais sans présence. Sans respiration. Je ne respirais même plus consciemment. Je testais des régimes. Encore et encore. Aucun ne me convenait. Ce jour-là, j’étais même à jeun.


Avec du recul… combien d’erreurs. Et surtout combien d’années à répéter les mêmes schémas. Je pensais que c’était normal. J’ai appris à vivre avec la douleur, avec le poids dans mes épaules, avec les bruits de mes articulations, avec les séances interminables de kiné. Et je recommençais. Encore. Encore.


Aujourd’hui, quand je regarde en arrière, je me pose une seule question : qu’est-ce qui se passait vraiment ?
Je croyais chercher la perfection. En réalité, je me faisais la guerre. Je transformais mon corps en champ de bataille sans jamais comprendre ce dont il avait réellement besoin.


Avec le temps, la réponse est devenue évidente. Le vrai problème derrière le stress physique, ce n’est pas l’effort. C’est l’oubli de la pause. La vraie pause. Pas celle qu’on se raconte. Celle où l’on dit vraiment stop. À tout ce qui nous fait du mal.
Dire stop au mouvement. Dire stop à la performance. Dire stop au bruit. Et surtout dire stop à la douleur.

Ça m’a demandé énormément de courage.


Refuser d’aller courir un jour où le ciel était parfait. Le soleil, l’envie, l’habitude… tout était là. Mon corps était en conflit. Mes pieds voulaient sortir, ma peau voulait respirer, mais mon tendon et mon genou criaient plus fort.


Ce jour-là, j’ai fait un choix. Je me suis dit : « Javi, cette fois, je t’écoute. » Je n’irai pas courir. Pas tant que ces signaux seront là.


Je me suis senti comme un addict en manque. Encore pire quand je voyais les autres courir. L’irritation, la frustration, même un peu de jalousie. Mais j’ai continué. J’ai tenu.


Et avec le temps, quelque chose s’est passé.


Les douleurs ont diminué. Puis elles ont disparu. Presque complètement.


Alors j’ai changé. Pas seulement dans le sport. Dans ma manière de vivre. J’ai commencé à suivre une autre direction, plus juste, plus honnête envers moi-même. Ce qui me faisait du bien. Ce qui respectait mon corps.


C’est là que tout a basculé. Physiquement. Mentalement.


Le vrai problème du stress physique, ce n’est pas l’effort. C’est ne pas savoir écouter. Ne pas savoir différencier ce que l’on veut et ce dont on a réellement besoin. Apprendre ce langage, c’est tout changer.


Beaucoup de choses m’ont aidé à le trouver. Le yoga et sa philosophie. La respiration, le Prāṇāyāma a été une transformation profonde. Créer. Observer. Ressentir. Trouver la beauté dans ce que je fais. Pas celle que les autres cherchent. La mienne.


Tout cela m’a amené à ce que je fais aujourd’hui. BioTouch. Ce n’est pas un hasard, c’est le résultat de toutes ces années de recherche, et d’une conviction simple : la personne que j’ai entre les mains a besoin d’une aide sincère.


Quand je suis en séance, je ne cherche pas à corriger. Je cherche à comprendre, à accompagner, à sentir ce dont ce corps a réellement besoin. Parfois relâcher une tension. Parfois simplement offrir un moment hors d’une vie trop chargée.


Le toucher, ce n’est pas juste appuyer. C’est transmettre quelque chose, au-delà du geste. Le corps est intelligent, il n’a pas besoin qu’on le force. Il a besoin qu’on lui propose quelque chose de juste.


Si une séance te fait profondément du bien, alors quelque chose a changé. Même si c’est subtil. Même si tu ne peux pas encore l’expliquer. Parfois, une séance peut être réparatrice. Pas magique. Mais réelle, parce qu’à ce moment-là, tu as décidé de te reconnecter à ton corps.


Se sentir en sécurité. Se sentir tenu. Se sentir accueilli.


Nos mains peuvent faire énormément quand elles sont vraiment là pour faire du bien.

Inspiration du jour

« L’équilibre ne se trouve pas dans l’effort. Il se trouve dans la capacité à s’arrêter. »

Javi Molero, BioTouch Method®

Javi Molero

Javi Molero

Fondateur de la BioTouch Method®. Massage intégratif, fascia, respiration et massage postural à Bordeaux Bastide. Approche globale corps & souffle.

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