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La libération myofasciale interne : comment Kapalabhati et Nauli éveillent le fascia profond

Parfois, les libérations les plus profondes ne viennent pas des mains, mais du souffle. Elles émergent de l’intérieur, à travers la pression, la conscience et le mouvement.
Les pratiques yogiques de Kapalabhati et de Nauli, traditionnellement appelées kriyas, sont aujourd’hui reconnues comme de véritables techniques de régulation fasciale. Elles mobilisent le tissu conjonctif profond du corps selon des principes que la science moderne commence seulement à décrire.
Le dialogue entre la science du yoga et la recherche sur le fascia révèle une même vérité : le corps possède une intelligence d’auto-organisation qui s’exprime à travers la respiration, la pression et le flux des fluides internes.
Le continuum profond : du crâne au bassin
À l’intérieur du corps, tout est relié par un vaste réseau de tissus conjonctifs que l’on appelle les fascias. Ces membranes enveloppent les muscles, les organes, le diaphragme, la colonne vertébrale et jusqu’au crâne. Elles glissent les unes sur les autres à chaque respiration.
Quand ce glissement se bloque par le stress, la déshydratation ou la fatigue, la fluidité naturelle s’éteint. Le souffle devient plus court, la posture se ferme, et la vitalité baisse. Kapalabhati et Nauli viennent justement redonner du mouvement à ce réseau.
Kapalabhati : la vague de pression intérieure
J’ai appris Kapalabhati à l’ashram Sivananda Kutir, dans les montagnes de l’Himalaya. Mon maître yogi m’avait donné une image très simple pour comprendre le geste. Il m’a dit :
« Javi, imagine qu’une petite mouche est posée au bout de ton nez.
Tu dois la faire partir d’un souffle sec,
sans froncer le front ni bouger le visage. »
Ce conseil m’a marqué. J’ai compris que la puissance du souffle ne vient pas du haut du corps, mais du centre. Chaque expiration est courte, précise, dynamique, parfois sonore. L’inspiration revient d’elle-même, sans qu’on ait besoin d’y penser.
Le mouvement est fort mais libre. Le visage reste calme, le diaphragme agit comme un ressort et toute la colonne se met à onduler. C’est un exercice profond de coordination entre tension et relâchement, entre énergie et stabilité.
Physiologiquement, chaque contraction du ventre crée une pression brève dans l’abdomen, puis un relâchement immédiat.
Ce va-et-vient agit comme une pompe qui masse les organes, stimule la circulation et libère la respiration bloquée dans le bas du corps.
Selon la science du yoga, Kapalabhati agit comme une détox naturelle : elle oxygène les tissus, réhydrate le corps et permet au Prana, l’énergie vitale, de circuler sans obstacle dans le réseau des Nadis, que l’on peut aujourd’hui rapprocher du réseau fascial décrit par la science.
Dans les deux visions, cette pratique rétablit la vague interne qui relie la respiration, la pression et la perception.
Nauli : la mobilisation consciente des viscères
Si Kapalabhati agit comme une pulsation, Nauli est un mouvement plus dirigé. On commence par Uddiyana Bandha, une mise sous vide douce qui crée un vide profond dans le ventre. On ressort complètement l’air des poumons, et c’est à ce moment-là que commence la danse, le vrai massage viscéral. On fait rouler les muscles abdominaux, d’abord de droite à gauche, puis de gauche à droite, et quand la pratique devient fluide, on les enroule de manière circulaire.
Ce mouvement interne stimule les organes, draine les fluides et réveille le système nerveux autonome, celui qui régule la respiration, la digestion et le rythme cardiaque. C’est un auto-massage viscéral de haute précision, où le mouvement devient un message adressé au corps.
Pression, flux et intelligence cellulaire
Les travaux d’Hélène Langevin, chercheuse en physiologie, ont montré que les fibroblastes, ces cellules du tissu conjonctif, réagissent activement à la tension et au mouvement. Quand on modifie la pression, elles ajustent le flux des liquides entre les cellules et participent à la réduction de l’inflammation.
Pendant Kapalabhati et Nauli, les variations de pression stimulent ces mêmes cellules. C’est ce qui explique la sensation de clarté, de légèreté et de vitalité qui suit la pratique : le corps a retrouvé son équilibre hydraulique naturel.
Dans la BioTouch Method®
Ces mécanismes internes sont les mêmes que j’observe chaque jour dans mes séances de BioTouch Method, de Massage Sport Release et de Massage ASMR Touch. Dans le Massage Sport Release, les pressions rythmées reproduisent l’effet de Kapalabhati, favorisant la circulation et la récupération. Dans le Massage ASMR Touch, la lenteur et la continuité rappellent Nauli, un mouvement ondulant et apaisant qui calme le système nerveux.
Dans la BioTouch Method elle-même, souffle et toucher dialoguent. C’est pour ça que Kapalabhati et Nauli sont des outils précieux dans ma méthode : ils montrent comment le corps peut se réguler de l’intérieur, avant même qu’on le touche de l’extérieur.
Quand yoga et science se rencontrent
Le yoga parle d’énergie, de souffle et de conscience. La science parle de tissus, de fluides et de signaux nerveux. Mais les deux racontent la même chose : un corps capable de s’autoréguler dès qu’on lui rend son mouvement et son rythme.
Souffle, fascia et conscience ne sont pas trois réalités séparées, mais une seule et même intelligence vivante.
Conclusion
Respirer, ce n’est pas seulement inspirer et expirer. C’est dialoguer avec la matière du corps.
Kapalabhati et Nauli ne sont pas des rituels anciens réservés à quelques initiés. Ce sont des outils concrets pour libérer le corps, clarifier l’esprit et relancer le flux de la vie intérieure.
C’est pour cela que j’ai créé un atelier collectif à Bordeaux :
Pranayama & Massage Intérieur du Corps
Et si la respiration n’était pas seulement un acte vital, mais une forme de massage intérieur ?
Cet atelier invite à explorer le Pranayama, l’art yogique de la respiration consciente, comme une véritable thérapie du corps et de l’esprit. Nous apprendrons à ressentir comment chaque souffle mobilise les tissus profonds, stimule les organes, équilibre le système nerveux et ramène de la clarté dans tout le corps.
Une immersion simple et sensorielle, où la science du souffle rencontre l’expérience directe : un voyage intérieur où le diaphragme devient un instrument d’unité et de régulation.
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📚 Références
Langevin H.M. (2005) Fibroblast responses to mechanical stretch: implications for fascia physiology
Chaitow L. (2014) Fascial Dysfunction: Manual Therapy Approaches
Swami Sivananda (2004) The Science of Pranayama

Inspiration du jour
Hélène M. Langevin
Fibroblast responses to mechanical stretch:
implications for fascia physiology (2005).
Leon Chaitow – Fascial Dysfunction: Manual Therapy Approaches (2014)
« Les fibroblastes, sensibles aux forces mécaniques, modifient leur forme et leur activité en réponse à l’étirement du fascia. Ce dialogue cellulaire entre tension et relâchement révèle une vérité essentielle : chaque mouvement, chaque pression, réorganise silencieusement la physiologie du tissu conjonctif. »

