Retrouvez une liberté de mouvement totale grâce au massage myofascial à Bordeaux Bastide avec la BioTouch Method®
Ta douleur n’est peut-être pas une sciatique.

Par Javi Molero – BioTouch Method®
Je me souviens très bien de cette période où je courais presque tous les jours. Une douleur qui arrive dans la fesse. Puis qui descend un peu dans la jambe. Rien de dramatique au début… mais suffisamment présent pour commencer à se poser des questions. Et comme tout le monde, la première chose qui me vient à l’esprit : “Ça y est… sciatique.” C’est presque automatique. Aujourd’hui encore, au cabinet, c’est la phrase que j’entends le plus. Un coureur, un sportif, ou même quelqu’un qui reste beaucoup assis… même schéma. Douleur fessière, irradiation… et le mot tombe. Sciatique. C’est un mot connu. Presque rassurant. On a l’impression de comprendre ce qu’on a. Mais en réalité… très souvent, ce n’est pas ça. Et cette confusion change tout.
C’est pendant mes études à la RSM International Academy, avec le Dr Hironori Ikeda, que quelque chose a changé dans ma tête. Il nous présentait les études récentes sur les douleurs postérieures de jambe, et il revenait toujours sur la même idée. Toutes les douleurs “type sciatique” ne sont pas des sciatiques. Et cette distinction change complètement la façon d’approcher le corps.
La sciatique au sens strict, c’est un problème neurologique. Le nerf sciatique, le plus long nerf du corps, part du bas du dos, traverse le bassin, descend dans la fesse et file jusqu’au pied. Quand une hernie discale le comprime à la sortie de la colonne, ça crée de la douleur, des brûlures, parfois une perte de force ou de sensibilité dans la jambe. Mais ce qui m’a marqué dans ce que montrait le Dr Ikeda, c’est autre chose. L’imagerie IRM peut révéler une hernie discale chez des personnes qui n’ont aucune douleur. Et à l’inverse, beaucoup de gens avec des symptômes sciatiques ont une IRM lombaire parfaitement normale. La corrélation n’est pas la cause. Et c’est là que le piriformis entre en scène.
Sous les fessiers, au fond du bassin, il y a un petit muscle profond que presque personne ne connaît. Le piriformis. Son rôle est simple en apparence, il permet la rotation externe de la hanche. Mais dans la réalité, il est sollicité en permanence. À chaque pas, chaque foulée, chaque montée d’escalier. Un muscle discret, mais fondamental. Et surtout, son voisin direct, c’est le nerf sciatique. Quand il est trop tendu, trop sollicité, ou mal coordonné, il peut venir irriter ce nerf. Ou même reproduire exactement les mêmes sensations qu’une sciatique. C’est ce qu’on appelle le syndrome du piriforme. Et là, la cause n’est pas nerveuse à l’origine. Elle est musculaire. Et très souvent aussi fasciale.
La question que je me posais souvent à l’école, c’était simple. Comment on fait la différence entre les deux ? Parce que de l’extérieur, ça ressemble vraiment à la même chose. Et je savais que si je voulais travailler avec des sportifs, j’allais être confronté à ça tout le temps. Mais surtout, parce que moi-même, j’avais été perdu avec ça. Je me souviens très bien me demander comment savoir si c’était vraiment une sciatique. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à creuser sérieusement.
Aujourd’hui, les recherches sont assez claires sur ce point. Toutes les douleurs qui ressemblent à une sciatique ne sont pas des sciatiques. Certaines études montrent même que le syndrome du piriforme pourrait représenter entre 6 et 36 % des douleurs de type sciatique. Et autre point important, on retrouve parfois des hernies discales à l’IRM chez des personnes qui n’ont aucune douleur. Donc ce qu’on voit à l’image n’est pas toujours ce qui cause le problème. À partir de là, ma manière de voir les choses a changé. On ne peut plus juste chercher une structure. On doit comprendre un système.
Faire la différence n’est pas toujours évident. Et ce n’est pas mon rôle de poser un diagnostic médical. Je travaille toujours en complément du médecin ou du kiné. Mais comprendre cette distinction me permet de savoir comment je mets mes mains, où je cherche, et ce que je ne dois pas manquer. Il y a quand même des tendances qu’on observe souvent. Une douleur liée au piriforme est souvent aggravée en position assise. Parfois, rester assis plus de vingt minutes devient difficile. À l’inverse, une vraie sciatique d’origine lombaire peut s’accompagner de signes neurologiques plus marqués, comme une perte de force ou des réflexes modifiés. Et surtout, la réponse au mouvement et au toucher est différente. C’est là que mon travail commence.
Une sciatique vraie demande un suivi médical adapté. Mais quand on est sur une tension musculaire, un piriforme hyperactif, une chaîne postérieure déséquilibrée, là le travail manuel prend tout son sens. Dans une séance BioTouch Method, je ne masse pas au hasard. Je prends le temps de sentir. Le piriforme, bien sûr, mais aussi tout ce qu’il y a autour. Les muscles profonds de la hanche, le fascia, la relation avec les lombaires, avec les ischios. Parce qu’au niveau du corps, tout est connecté. Une tension dans la fesse peut remonter dans le dos, descendre dans la jambe, modifier la posture, changer la respiration. Le corps ne fonctionne pas en cases. Il s’adapte. Il compense. Et très souvent, chez les sportifs, la douleur n’est pas dans le nerf. Elle est dans une organisation globale qui s’est déséquilibrée.
Les techniques que j’utilise, comme le myofascial release lent et profond, le travail sur les trigger points, le Spinal Breathing Massage, permettent de libérer les adhérences autour du piriformis, de réduire la pression locale sur le nerf, de restaurer la mobilité de la hanche et de rééquilibrer toute la chaîne postérieure. Ce n’est pas magique. C’est de l’anatomie appliquée, avec des mains qui ont appris à sentir la différence.
Et la bonne nouvelle, c’est que le syndrome du piriforme répond très bien au travail conservateur. La chirurgie n’est quasiment jamais nécessaire. La littérature va dans ce sens. La première intention, c’est la thérapie manuelle, les étirements ciblés, la rééducation du mouvement. Pas le bloc opératoire.
Ce que je veux que vous reteniez, c’est simple. Vous pouvez avoir la douleur la plus classique du monde, dans la fesse, avec irradiation et sensation de brûlure, sans avoir de sciatique au sens médical. Vous pouvez avoir une hernie visible sur IRM sans que ce soit elle qui vous fasse souffrir. Vous pouvez aussi avoir un piriformis en tension depuis des mois sans qu’aucun examen ne le montre, simplement parce qu’on ne regarde pas à cet endroit. Une sciatique vraie nécessite un suivi médical. Mon travail vient en complément, jamais à la place. Mais quand on est sur une tension myofasciale, un piriforme surchargé, une chaîne postérieure désorganisée, là, le travail manuel change vraiment les choses. Et cette distinction peut vous faire gagner du temps, éviter de la frustration, et parfois même vous épargner une intervention inutile.
Maintenant, si vous voulez commencer à soulager, il y a des choses simples que vous pouvez faire chez vous. Pas besoin de complexité, juste de la régularité et de l’écoute de votre corps.
5 postures de yoga pour commencer à soulager
Que vous soyez en attente d’un diagnostic ou en phase de récupération, ces cinq postures vont vous aider à réduire la tension sur le piriformis et libérer la pression sur le nerf sciatique. Pratiquez-les lentement, en respirant vers la zone de tension. Sans jamais forcer.
1. Eka Pada Rajakapotasana — La Colombe
Est la posture reine pour le piriformis. À partir de la position à quatre pattes, amenez votre genou droit vers l’avant, entre vos mains, en laissant le pied pointer vers la gauche. Étendez la jambe gauche vers l’arrière. Restez sur vos hanches ou descendez sur vos avant-bras selon votre amplitude. Respirez profondément vers la fesse droite. Cette posture crée une rotation externe de la hanche qui étire directement le piriformis dans sa ligne d’action principale. À tenir 3 minutes par côté.
2. Supta Kapotasana — La Colombe couchée (Figure 4)
Est idéale pour les plus tendus ou en phase aiguë. Allongé sur le dos, croisez la cheville droite sur le genou gauche. Vous pouvez rester là, ou attraper l’arrière de la cuisse gauche et ramener les deux jambes vers vous. La flexion de hanche va progressivement ouvrir la zone fessière. Version accessible de la colombe, elle offre moins de compression sur les articulations pour un même bénéfice sur le piriformis. À tenir 2 à 3 minutes par côté.
3. Ardha Matsyendrasana — La Torsion Assise
Libère toute la chaîne postérieure. Assis sur le sol, jambe droite allongée, amenez le pied gauche de l’autre côté du genou droit. Posez la main gauche derrière vous, installez le bras droit contre le genou gauche et tournez doucement vers la gauche. Maintenez la torsion à chaque expiration. La rotation du tronc décomprime la chaîne postérieure et mobilise le fascia thoraco-lombaire, en relation directe avec la région glutéale. À tenir 90 secondes par côté.
4. Setu Bandhasana — Le Pont
Active les fessiers et décharge le piriformis. Allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat, inspirez, et en expirant, montez les hanches vers le plafond. Gardez les genoux parallèles, activez les fessiers. Redescendez lentement. Un piriformis hypertonique travaille souvent seul parce que les fessiers sont inhibés ; ce pont les réactive et réduit la surcharge sur le piriforme. Répétez 10 à 12 fois lentement.
5. Parivrtta Balasana avec extension verticale — L’Enfant en torsion étoilée
Favorise l’ouverture de la cage thoracique et la mobilité vertébrale. À partir de la posture de l’enfant classique — genoux écartés, hanches sur les talons —, déposez l’avant-bras droit au sol devant vous pour le soutien. Initiez une torsion du buste vers la gauche et étirez le bras gauche verticalement vers le ciel, le poing fermé. Tournez le regard vers le haut. Respirez profondément pour expandre les côtes du côté gauche. Changez de côté. Cette variante crée un étirement profond des épaules, libère les tensions intercostales et tonifie la colonne vertébrale. À pratiquer 2 minutes par côté, en fin de séance.
Bibliographie
- Hopayian, K., Song, F., Riera, R., & Sambandan, S. (2010). The clinical features of the piriformis syndrome : a systematic review. European Spine Journal, 19(12), 2095–2109.
- Boyajian-O’Neill, L. A., McClain, R. L., Coleman, M. K., & Thomas, P. P. (2008). Diagnosis and management of piriformis syndrome : an osteopathic approach. Journal of the American Osteopathic Association, 108(11), 657–664.
- Myers, T. W. (2014). Anatomy Trains : Myofascial Meridians for Manual and Movement Therapists (3rd ed.). Churchill Livingstone / Elsevier.
- Schleip, R., & Müller, D. G. (2013). Training principles for fascial connective tissues : scientific foundation and suggested practical applications. Journal of Bodywork and Movement Therapies, 17(1), 103–115.

Inspiration du jour
« La douleur locale est souvent le symptôme d’un problème global. »
Thomas Myers, Anatomy Trains (2014)
